Ma dispute avec mon mari m'a fait réaliser un truc sur la société américaine
En Californie, rien ne dépasse, tout le monde est toujours content, on ne fait pas de vague. Certains disent que c'est hypocrite. Mais c'est surtout une façon de vivre culturellement ancrée.
Je vous parle souvent des choses que j’aime dans la vie quotidienne en Californie. On me reproche d’ailleurs parfois sur les réseaux sociaux de ne montrer que le beau. Disons surtout que je ne vois pas l’intérêt de tout critiquer tout le temps. J’essaie de voir le verre à moitié plein, ça permet de vivre mes journées de façon un peu plus légère. Évidemment qu’il y a des choses qui ne me vont pas, des choses que je ne comprends pas. J’apprends à composer avec.
Il m’est arrivé un petit truc la semaine passée qui fut le point de départ de cette newsletter.
Avant d’aller plus loin, petit disclaimer. Ne vous méprenez pas: je ne voudrais pas être ailleurs actuellement. Je m’épanouis pleinement ici et j’en profite le temps que ça dure. Mais tout n’est pas parfait. Rien ne l’est jamais.
Il y a quelques jours, on s’est engueulés, mon mari et moi, dans notre appart de Los Angeles. Un problème d’agenda, une prise de tête de couple. On s’engueule peu, mais quand ça arrive, le ton monte rapidement. Le lendemain matin, on était déjà passés à autre chose mais on avait un mail du management de l’appart qui nous disait que des voisins s’étaient plaints.
On vit dans un petit complexe d’appartements tranquille, centralisé autour d’un petit jardin et d’une fontaine. On s’est engueulés entre 21h et 21h20, à tout casser et on a oublié que la fenêtre était ouverte. J’ai failli répondre qu’au vu du prix du loyer, j’estimais que j’avais bien le droit de gueuler un peu de temps en temps, mais je me suis abstenue.
Cet épisode un peu gênant m’a rappelé à quel point la société américaine, en tout cas en Californie, ne fait pas de vague. Ici, rien ne dépasse. Tout est cadré, codifié. Le petit côté Desperate Housewives existe bel et bien. En apparence, on sourit. Mais derrière les portes closes des maisons aux jardins bien taillés, où aucun brin d’herbe ne dépasse, ça se défonce et ça enrage, comme partout ailleurs.
Pourquoi les Californiens ne s’engueulent pas comme nous? Pourquoi entretiennent-ils ce côté perpétuellement optimiste et charmant? D’où ça vient? Je vous explique cet énorme fossé culturel qui nous sépare et cette convivialité qui est à la fois très agréable dans la vie de tous les jours et perturbante tant elle est poussée à l’extrême.
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